Non, le « Brexit » ne marque pas la fin de l’Union Européenne, la bataille ne fait que commencer

Les résultats du référendum sur l’avenir du Royaume-Uni dans l’Union Européenne furent un choc. Il faut maintenant repenser l’action des institutions de Bruxelles.

Le 24 juillet, l’Europe s’est réveillée abasourdie, comme KO debout après la publication des résultats du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Il me semble important d’éclaircir quelques points et de ramener un peu de calme dans le débat.

Les enseignements du Brexit

La première chose à retenir de ce plébiscite, c’est la confirmation que le peuple a toujours le pouvoir de s’exprimer. On a vu en Autriche à quel point la participation ou l’abstention de quelques milliers de citoyens peuvent être déterminantes pour le résultat d’une élection. À ce sujet, les électeurs autrichiens vont être reconduit à voter après l’annulation des élections présidentielles puisque des irrégularités ont été observées pendant le dépouillement des scrutins. L’extrême-droite se prépare et va se renforcer.

Désormais, l’on sait que la position des électeurs n’est pas toujours alignée sur les sondages ni même qu’ils se rangent du côté des experts et, en définitive, des arguments raisonnables. En dépit de toutes les études et de toutes les analyses, les électeurs peuvent surprendre, ce qui est une bonne chose pour la démocratie.

Le Royaume-Uni doit rester un partenaire de l’UE

Partant de là, il va falloir acter le départ du Royaume Uni de l’Europe le plus rapidement possible. L’Article 50 du Traité de l’Union Européenne donne deux ans à un pays pour négocier son retrait avant d’être définitivement prié de quitter l’Union. Le processus sera donc long, complexe et tendu. Mais il ne faut pas, par excès de zèle europhile, se mettre à dos le peuple britannique en lui refusant de rester un partenaire de l’Union. La position du Président Hollande à ce sujet est d’ailleurs très juste. Quoiqu’il arrive, le Royaume-Uni reste et restera un partenaire de l’Europe.

J’appelle les dirigeants européens au calme et à la plus grande vigilance. Il faut éviter par-dessus tout les rancœurs, les insultes au bon sens qui voudraient faire payer le Royaume-Uni, ou de souhaiter que les britanniques ne puisse supporter les conséquences terribles du Brexit. Je comprends très bien l’accablement et la déception des leaders européens et des fonctionnaires de l’Union, mais si nous sommes convaincus d’avoir le bien de notre côté, ne devrions-nous pas être compatissants envers les britanniques qui nous quittent ? Le peuple de Grande Bretagne va vivre une époque terrible. Les Écossais et les Irlandais le savent bien. Pour eux aussi il nous faudra mettre en place une solidarité spéciale.

Quelle Europe voulons-nous ?

Il est très clair, pour tous les leaders européens et les chefs d’États que l’UE ne peut continuer à faire comme avant. Cependant, les conclusions que nous tirons de cet échec pour l’Europe diffèrent. Pour les uns, c’est un signe très clair que l’UE est rejetée par les peuples. Selon eux, il faut revenir à l’Europe des États et reprendre la souveraineté nationale à Bruxelles. C’est la ligne de Mr. Farage, pourtant trop peureux pour en affronter les conséquences, ou de Mme Le Pen, en France, qui appelle au « Frexit ».

Pour d’autres, enfin, il s’agit davantage du rejet de la politique européenne telle qu’elle est faite actuellement. Non pas une critique de l’Union en elle-même, mais plutôt de son incapacité à gérer des crises de plus en plus complexes et multiformes. Ainsi, paradoxalement, c’est le manque d’initiative européenne que rejettent les peuples européens en général, et britannique en particulier.

C’est dans ce sens que l’Europe doit se réorienter : plus de solutions pratiques et moins de régulation intempestive et inefficace.

Bien sûr, ce ressentiment à l’égard de l’Europe n’aurait sûrement pas lieu d’être si les politiciens europhobes n’en rajoutaient pas en accusant l’Europe de tous les maux et en mélangeant politique nationale et européenne.

La bataille pour l’Europe

J’espère que le lecteur l’aura compris : l’idée de l’Europe, cette grande Union des peuples dans la paix et la justice n’est pas morte. Elle est seulement challengée un instant par les nationalismes. Ainsi, c’est un combat pour l’Europe Unie qui s’ouvre aujourd’hui. Le Brexit marque la première défaite pour les Européens mais surement pas et en aucun cas la fin de la lutte pour faire triompher l’idée européenne.

Plus que jamais, les Européens doivent être convaincus du bien-fondé de leur mission. L’Union Européenne est une belle et grande idée et il nous faut l’établir une fois pour toute. Il faut aussi être convaincus de la victoire. Si le défaitisme nous gagne, nous avons perdu.

L’Europe est à la croisée des chemins et il ne tient qu’à ses citoyens d’écrire son histoire. Retournerons-nous à l’Europe des Nations, qui n’a fait que de se combattre depuis la chute des empires continentaux ou créerons-nous une union démocratique assurant la paix et la prospérité pour tous ?

Le Brexit n’est pas une défaite définitive, mais il appelle les Européens à se ressaisir. Les institutions européennes doivent agir vite et fort pour démontrer, par les idées et la pratique, les avantages de l’Union. Les citoyens doivent inciter leurs élus à aller dans ce sens.

 

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